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Quelle différence y a-t-il entre un collégien des Chalets ou du Mirail, à Toulouse, avec un teenager de Boston ou une adolescente de Séville ? Pas grand-chose et beaucoup de choses si l'on en croit l'enquête HBSC présentée mardi aux professionnels de la santé publique de Midi-Pyrénées et des élèves toulousains de bac SMS (sciences médico-sociales) au lycée Saint-Sernin.
Les modes de vie ont tendance à s'uniformiser, mondialisation oblige : dans la Ville rose comme sur les bords de la Tamise, au Canada ou au Portugal, les jeunes ont tendance à passer beaucoup de temps devant la télévision, les ordinateurs ou les jeux vidéos, à boire du coca et manger des barres chocolatées, à goûter au premier flirt, au premier verre ou à la première cigarette, et à écouter le même genre de musique.
L'enquête HBSC, dont la partie française est réalisée par le service médical du rectorat de Toulouse (lire ci-dessous), permet d'identifier la différence régionale et toulousaine.
Dans une France où les ados mangent plutôt mieux et sont moins gros que la moyenne internationale, le sud-ouest fait ainsi figure de modèle : les jeunes Midi-Pyrénéens mangent plus de fruits et légumes et moins de sucreries et de boissons sucrées, et « sautent » moins le petit-déjeuner que les autres.
Ils font aussi plus de sport que la moyenne, mais, premier mauvais point, ils ne se bougent pas assez (hors sport) la semaine. La faute au scooter et à l'auto (des parents), voire aux transports en commun (gratuits en Haute-Garonne pour le trajet maison-école rappelons-le). Les 11-15 ans sont chez nous, avec les Suisses et les Russes (sans doute pour d'autres raisons), ceux qui pratiquent l'activité physique quotidienne la plus faible : on ne va plus à l'école à pied, on ne joue et on ne court pas assez dans la cour de récréation, on ne fait pas assez de vélo.
La sédentarité des ados de la région comme de la France entière n'est pas améliorée par le temps passé devant les écrans de télévision, ordinateur et jeux vidéo. Cinq heures et demi en moyenne chaque jour voire six et demi pour les garçons de 15 ans. Reste que la France est, après l'Italie ou la Suisse, le pays où la proportion de jeunes qui regardent la télévision en moyenne plus de deux heures par jour est la plus faible (près de deux sur trois quand même).
Pour le reste, les jeunes d'ici se sentent en bonne santé (à 88,5 %) même s'ils se plaignent pas mal de petits bobos, sont plutôt bien dans leur peau (ils donnent 7,5/10 à leur vie), assez précoces en amour (plus d'un sur quatre à 15 ans dit avoir déjà eu des rapports sexuels) et ne font pas n'importe quoi (ils utilisent le préservatif à 92,5 %, plus que dans les autres pays, et sont dans la moyenne pour la pilule). En revanche ils sont nombreux à avoir tâté du cannabis et de la cigarette, et surtout de l'alcool (et même de l'ivresse). Tandis que le plaisir d'aller à l'école diminue avec l'âge en proportion inverse de l'anxiété qui augmente. « Peut-être la faute aux profs et aux notes » lançait mardi Jean Delord, philosophe de l'IUFM, en manière de boutade.
L'enquête HBSC (Health Behaviour in School-aged Children) est réalisée tous les quatre ans par un réseau international de chercheurs sous l'égide de l'OMS (Organisation mondiale de la santé) dans une quarantaine de pays ou de régions d'Europe et Amérique du nord.
Elle vise à appréhender la santé et les comportements des élèves de 11, 13 et 15 ans ainsi que le contexte social dans lequel ils évoluent, à travers leurs propres déclarations anonymes.
La France y participe depuis 1994, pour la quatrième fois consécutive, sous la coordination du service médical du rectorat de Toulouse (Drs Félix Navarro, Emmanuelle Godeau).
L'enquête HBSC 2 007 Midi-Pyrénées a été réalisée avec l'ORS (organisme régional de la santé), l'association HBSC, le service médical du rectorat de Toulouse et l'unité Inserm 558, avec le soutien du GRSP et du conseil général de Haute-Garonne, sur un échantillon de 2 443 élèves tirés au sort, âgés de 10,5 à 15,5 ans, scolarisés dans un établissement public ou privé de l'académie de Toulouse, du CM2 à la seconde.
Au collège Pierre-de-Fermat, à Toulouse, on ne cache pas que la consommation d'alcool et de tabac fait partie de la fête entre copains. « Autour de moi, tous mes copains fument, facilement dix cigarettes par jour, affirme Paco, 14 ans. Bien sûr, ils disent tous qu'ils vont arrêter, mais ils ne le font jamais ». Il ajoute : « Ils boivent aussi beaucoup dans les boums. A mon avis, ils sont bien trop jeunes ». Clément reprend : « Fumer au collège est interdit, alors ils se rattrapent dehors et dans les fêtes. Dès la 3e, il n'est pas rare de voir des jeunes êtres accros au tabac », note Ali, 12 ans.
Thomas, 11 ans, dans un demi-sourire, avoue : « La vodka, le cidre, la bière coulent souvent à flot dans les fêtes, un peu le whisky, mais en moindre quantité ». Et les filles ne sont pas les dernières : « Moi, il m'est arrivé de voir des amies complètement ivres dans une boum, ose dire Margaux, 14 ans. Je devais les raccompagner chez elles ». Alexandre l'avoue à demi-mot : « Les filles fument vraiment beaucoup de cigarettes, des joints, de temps en temps, aussi ».
Pas spécialement moraliste, Adélaïde considère que « boire un peu dans les fêtes, c'est normal. Mais pas comme certains, qui s'en rendent malades ». Elle reprend : « Ils ont l'impression qu'ils s'amusent plus en buvant, qu'ils sont aussi plus heureux et joyeux. Mais après, lorsqu'ils redeviennent sobres, le réveil est souvent amer et ils le regrettent ». Certains ados prennent pourtant des « cuites » chaque week-end. Une sorte de rituel incontournable lorsqu'ils sortent : « Moi, j'en connais plusieurs autour de moi incapables de s'amuser sans boire trop. Ils s'en rendent malades, promettent de ne plus recommencer et, le week-end suivant, ils se retrouvent dans le même état ». Quant au cannabis, si d'aucuns affirment ne jamais en consommer, des rires fusent ici et là : « On a tous, autour de nous, des copains qui fument des joints, reprend Johan, 13 ans. Mais on fait comme si on ne le savait pas. De toute façon, cela ne sert à rien de le dire. Pour eux, ce n'est souvent qu'une façon de s'affirmer, notamment avec les filles. Ils disent toujours qu'ils s'arrêteront quand ils le voudront ».
Silvana Grasso
Pourquoi s'attacher à cette tranche d'âge des 11-15 ans ?
C'est l'âge pour ces collégiens et adolescents de la « bascule » des comportements de santé. L'âge crucial où ces comportements vont changer pour devenir, dans la majeure partie des cas, ceux de l'adulte. Depuis 1994, le service Santé du rectorat pilote toute la partie française de l'étude, depuis Toulouse, étudie les comportements des jeunes afin de déceler les problèmes de santé de demain.
Quels enseignements en tirer ?
Nous avons réuni mardi 7 octobre au lycée Saint-Sernin tous les pilotes de la santé publique et des élèves de bac SMS (sciences médico-sociales) sur le thème des inégalités sociales de santé chez les jeunes.
Qu'est-ce qui vous apparaît comme une tendance lourde de cette dernière enquête ?
La France est relativement homogène et pas si mal que ça par rapport aux autres pays. Mais nous sommes mal classés pour l'activité physique et puis surtout le problème de l'alcool : on quitte le stéréotype de la tradition viticole du sud-ouest pour adopter le modèle anglo-saxon de l'ivresse volontaire, provoquée, brutale : les jeunes prennent leur plaisir dans le fait de « se casser » très vite.
Franchement ce reportage parle de jeunes de 13 ans voir 11ans qui fument , qui boivent mais ou sont les parents ?
J'ai une fille de 16 ans et un fils de 14 ans , ils ne boivent pas , ne fument pas , ne sortent pas tous les week end en boom ou autres . En semaine ils font leurs devoirs le soir et du sport , sortent entre copains le week end de jour , et vont parfois à des soirées .
Je pense bien les élever et surtout les suivre mais effectivement si dés 11-12 ans des jeunes n'ont pas de régles je comprend les problémes que nous avons actuellement avec les ados et jeunes adultes qui ne respectent plus rien et qui trainent dehors sur leurs scooters sans savoir quoi faire .
Je crois que les parents qui ne font pas leur travail sont la clef du probléme .
Slts
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mmhh, des enfants de 11 à 15 ans qui parlent de "fêtes" et de "boums" où la vodka, le whisky et autres alcools coulent à flot...
Alerter le modérateur | Voir profilCurieusement, vous ne vous êtes même pas posé la question de ce que font les parents et comment de tels boums alcoolisées peuvent avoir lieu dans leur dos.
Parents complices ou j'en-foutistes ? Et une Dépêche qui ne s'en émeut même pas ?